STEPHEN KREITZ   

Une ontologie du grain 

Il se repaît des murs – sucs et chairs minérales.
Du métal – en ses humeurs, ses conjonctives,
son disparaître d’intention (la rouille, autant que la rosée…)
Présent, par le regard et par le geste,
aux trois états de la matière,
il s’aime à bruire au petit rythme de la durée.
Un alchimiste du vivant, du fugitif, des turbulences de l’instant.
Apparitions. Disparitions.
Sous la cendre on l’écoute. On écoute. 
Il y a le même et l’autre.
Un reflet. Une aube, ou bien un crépuscule.
On jouit de ce qui vient, ce qui devient.
Une fenêtre maintient son énigme, un horizon se décide vertical.
Ailleurs, l’écho de pas déjà lointains.
Silhouettes, empreintes, halos, rubans comme d'asphalte, de toile en toile on arpente.
Une manière d’ontologie du grain.
De ce qui loge dans le grain.
Du sable, des jours, des peaux (animales et végétales).
Cosmogonies. Origines.
Fossiles heureux d’être matière, encore.
On arpente. On devance. On se souvient avant l’œuvre du temps.

Rêverie, matière, temporalité : Stephen Kreitz nous offre un voyage en terres bachelardiennes.
On peut dire de son travail de plasticien qu’il est dédié - comme un livre de Bonnefoy-
« à l’improbable, c’est à dire à ce qui est. A un esprit de veille. [ …] à une poésie désirée, de pluies, d’attentes et de vent. » *


Guillonne Balaguer (écrivain et artiste sonore) 


                                                                                                                                                                                * Yves Bonnefoy, l’improbable.
 


  :: © 2008-2017   site créé sur ODEXPO.com   Concepteur de sites pour les artistes  . peinture . sculpture . photographie . dessin . artisanat d'art . galerie d'art